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25e jour de l'année — Septième année — N°3717 Samedi 25 Janvier 1897

ÉCHOS DU JOUR


 25 janvier

Lundi
25 janvier 1897

LE COMTE MOURAVIEW A PARIS

Visite au président et à nos ministres - Par ordre du tsar.

Le Comte de Mouraview, gérant du ministère des affaires étrangères russesLe baron de Mohrenheim a informé M. Hanotaux, ministre des affaires étrangères, que, par ordre de l'empereur, le comte Mouraview, gérant du ministère des affaires étrangères russes, se rendrait à Paris en quittant Copenhague, en vue d'être présenté à M. le président de la République et d'entrer en relations avec les ministres français. Le comte Mouraview arrivera jeudi matin à huit heures. Il restera quarante-huit heures à Paris.

Un dîner officiel aura lieu jeudi soir à l'Élysée.


Une décision du conseil municipal de Metz donnant à la rue de l'Évêché le nom de Mgr Dupont des Loges, l'évoque patriote de Metz, n'a pas été ratifiée par le ministère d'Alsace-Lorraine.


Par suite de la neige, le président de la République a remis à une date ultérieure la chasse, qui devait avoir lieu, hier, dans les tirés de Marly.

Il a assisté, dans l'après-midi, au concert de l'Opéra.


Trois tableaux, que l'on se rappelle avoir vus aux derniers «Salons» Hercule entre le vice et la vertu, par Henri Martin ; Marta Padilla,- de Paul Gervais, et la Méditation, de Rachou, viennent d'être donnés par l'État au musée de Toulouse.


M. le docteur Kermogrant, président du conseil supérieur de santé des colonies, est nommé pour trois ans; représentant du ministère des colonies au conseil du bureau central météorologique, en remplacement de M. le docteur Treille.


Sous les auspices de l'Alliance française pour la propagation de la langue française dans les colonies et l'étranger, le lieutenant Hourst fera, jeudi prochain, dans lé grand amphithéâtre de la nouvelle Sorbonne, une conférence sur « la pénétration française au Soudan ».


Hier, après-midi, a eu lieu, à la Sorbonne; dans le grand amphithéâtre, sous la présidence de M. Nicolas, directeur du commerce intérieur, représentant M. Henry Boucher, la distribution des récompenses aux lauréats de la chambre syndicale des instruments de musique.

Onze prix en espèces et quatorze médailles d'honneur ont été décernés.


La maison Bernot frères vient de mettre à la disposition du maire du dixième arrondissement 5,000 kilos de charbon de terre, 5,000 kilos boulets Bernot et 1,000 fagots pour être distribués aux pauvres de l'arrondissement. La distribution aura lieu rue Lafayette, 158, mercredi 27 janvier, de deux heures à quatre heures, contre remise de bons délivrés par les soins de la mairie du dixième arrondissement, à qui les demandes doivent être adressées.


Hier matin, à dix heures et demie, se sont réunis, au palais de l'Élysée, sous la présidence de Mlle Félix Faure, les élèves de lycées qui ont consenti à. être, auprès de leurs camarades, les représentants de la Ligue fraternelle des Enfants de France. C'est la première fois que se tenait une réunion de ce genre et le comité d'action n'avait convoqué que les délégués de sept lycées (Charlemagne, Henri IV, Janson-deSailly, Lakanal, Louis-le-Grand, Montaigne et Saint-Louis), mais l'essai, a été des, plus satisfaisants. Il a été facile de juger que tous les jeunes gens des, écoles étaient prêts à signer l'engagement de « secourir, avec affection et dans la mesure de leurs forces, les enfants pauvres ou abandonnés» et de verser pour eux, chaque année, dans la caisse de la Ligue, une modique cotisation de  francs.

L’idée de créer les liens d'une véritable fraternité entre les enfants heureux et les enfants qui souffrent est donc réalisable et bientôt les délégués de tous les lycées de Paris vont pouvoir en apporter la preuve à la présidente- et fondatrice de la Ligue fraternelle.

Ce qui se passe


 LA GRÈVE DES BOUCHERS

LA GRÈVE DES BOUCHERS

Ça continue à se compliquer. Voici maintenant que les patrons, désavouant les arbitres qu'ils avaient désignés, refusent de s'exécuter. Dans une affiche apposée hier matin, ils invitent leur personnel à reprendre la travail aux conditions anciennes. A la même heure apparaissait une -affiche du syndicat ouvrier, invitant les abatteurs à continuer la grève et à ne pas se laisser endormir (sic) jusqu'à ce que le préfet ait apposé sa signature.

Les patrons charcutiers le prennent de plus haut; ils déclarent que les ouvriers ne savent pas ce qu'ils veulent que le conseil municipal est incompétent et qu'il faut absolument que le travail de nuit continua pour permettre aux ouvriers charcutiers de devenir patrons à leur tour. Ils menacent en outre les ouvriers de se servir de machines à abattre, grâce auxquelles dix ouvriers au lieu de deux cents suffiront aux besoins de la consommation parisienne. Et comme tout en France se termine par des réunions, tous les charcutiers de Paris en tiendront une demain.

Les arbitres des charcutiers n'ayant pas même pu se mettre d'accord pour désigner un tiers arbitre, ce; n'est donc pas de ce côté qu'on peut espérer la solution de la grève.

Mais voilà bien d'une autre. II parait que la grève réduira au chômage d'abord les boyaudiers, puis les fabriques de saucissons de baudruche, de cordes à violon, etc. Tout ce monde proteste qu'il n'est pour rien dans le conflit actuel, ce dont on n'a jamais, douté. Mais il est permis de se demander comment feraient les violonistes si les cordes leur manquaient ? Que ces derniers ne s'alarment pas à défaut de boyaux de mouton, on en reviendrait aux boyaux de chats. Ces pauvres animaux, exposés déjà il se voir réduire leur ration de mou, ont donc la perspective d'être immolés parce que les charcutiers ne veulent pas travailler la nuit. 0 conséquences des conséquences !

Aux abattoirs, hier samedi, animation un peu plus grande que les jours précédents. Dans soixante et onze échaudoirs, travaillaient deux cent huit patrons ou membres de leurs familles et quelques ouvriers. On signale d'ailleurs l'arrivée de quelques ouvriers suisses et lyonnais.

D'autre part, le comité de la grève cherche à entraîner les ouvriers bouviers et meneurs de viande les efforts ne paraissent pas devoir être couronnés de succès.

Aux Halles. Légère hausse sur les veaux et les moutons, baisse sur les porcs, cours stationnaire sur les bœufs.

Le Gaulois — 7 novembre 1897
 Pour sauver une jeune fille - Fer Bravais

Pour sauver
une jeune fille

Nous avons, il y a près d'un mois, publié un avis concernant une jeune fille anémique au dernier degré, en priant ceux de nos lecteurs ayant connu des cas analogues de faire savoir quel remède avait le mieux réussi et d'adresser leurs réponses au Courrier français. Or, sur les quatre mille réponses environ reçues par notre confrère, près de la moitié témoignaient en faveur des vertus énergiques et reconstituantes du Véritable Fer Bravais. Quant aux autres lettres, elles donnaient l’énumération de quatre cent remèdes divers Nous apprenons que cette jeune fille, mise il a quinze jours au régime du Fer Bravais, dès que le résultat de ce plébiscite fut connu, a déjà repris ses forces et ses couleurs et que la gaieté est revenue avec l'appétit! Voilà un renseignement précieux pour les anémiques, et c'est vraiment faire preuve d'humanité que de l'indiquer au public.

Encore un drame


 Un drame montmartrois

Un drame montmartrois.

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

Ils s'étaient dit « Quand nous aurons l'âge, nous nous marierons pour de vrai. »

Paul Balbien a aujourd'hui seize ans; il habite, 4, rue Leibniz. Sa petite amie, Marie Baillon, a quinze ans ; elle demeure, avec ses parents, au n° 37 de la rue des Saules. Le jeune garçon n'avait pas tardé à se lier avec tous les petits voyous de Montmartre et autres lieux circonvoisins Des Grandes-Carrières à la Goutte-d'Or, on ne le connaissait pas très avantageusement que sous le sobriquet de Paulot.

Bref, l'année dernière, le précoce Paulot devenait l'amant d'une petite gourgandine de Montmartre, Berthe Chapuzot, qu'il rouait de coups matin et soir, histoire de s'entretenir la main, comme ses aînés du boulevard extérieur.

Il y a un mois, fatiguée de l'existence abominable que Paulot lui faisait et ayant appris que Marie Bâillon soupirait toujours tendrement pour son ami d'enfance, Berthe Chapuzot alla trouver la jeune fille et lui proposa de la mettre sur l'heure en possession du cœur de Balbien. Elle-même serait bien débarrassée. Marie accueillait cette proposition avec joie. L'était une jolie fille maintenant. Elle posait chez le peintre Dubufe, avenue de Villiers, et chez plusieurs autres artistes de Montmartre. Eu somme, elle gagnait sa vie comme modèle.

Berthe lui ménagea un rendez-vous avec Paul et lui abandonna gaiement son amant. Le petit modèle ne tarda pas à se repentir de sa folie. Paul Balbien obligea bientôt la jeune Marie à poser l'ensemble pour des messieurs vieux souvent qui n'étaient pas des peintres, et, lorsque la pauvrette refusait, les coups pleuvaient sur ses chétives épaules.

Un soir que la jeune fille et une de ses amies se trouvaient en compagnie d'un monsieur occupant une belle situation, Balbien s'était précipité sur lui en s'écriant Misérable vous accostez mes sœurs pour les déshonorer Vous ne savez donc pas qu'elles sont mineures ?

Et le monsieur, afin d'éviter un scandale, avait été obligé de dénouer les cordons de sa bourse.

Sur le conseil des peintres ses amis, Marie Baillon se décida à quitter le hideux Paulot.

Samedi dernier, elle ne voyait pas Paul Balbien. Ce dernier allait l'attendre, avenue de Clichy, et lui portait un coup de couteau au bras droit.

La victime n'osait déposer une plainte. Le lendemain, Paul rencontrait un de ses-amis, auquel il racontait complaisamment son équipée, comme s'il eût accompli un haut fait !

Tiens, voilà un revolver, lui dit l'ami tue-la Cela servira d'exemple aux autres. Paulot prit l'arme, et, hier soir, vers onze heures et demie, fallait se poster au coin des rues Lamarck et des Saules.

Lorsque la jeune fille parut, rentrant chez elle, il lui tira un coup de revolver presque à bout portant.

Marie Baillon fut atteinte au-dessus du sein gauche. On dut la transporter l'hôpital Bichat. Son état est grave.

Paulot a été arrêté et a été envoyé au Dépôt par M. Dupuy, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières. L'individu qui lui a prêté le revolver est activement recherché.

Le Matin – 14 octobre 1897

En pages intérieures

Echos et nouvelles


 Le sauvetage des noyés par les gardiens de la paix

Le sauvetage des noyés par les gardiens de la paix

On a pu formuler des critiques, parfois légitimes, contre l'organisation du service des secours publics à Paris. On a pu signaler l'imperfection des méthodes d'assistance immédiate des blessés et des malades tombés sur la voie publique. Mais on est unanime à reconnaître que ces reproches ne peuvent s'adresser à l'organisation du service de secours aux noyés.

Le rapport adressé par le docteur Voisin au Conseil d'hygiène, sur le fonctionnement des postes de secours aux noyés, en 1896, contient la preuve que les résultats obtenus sont dés plus satisfaisants. Au cours de cette année, 431 personnes submergées ont été apportées dans les postes de secours établis sur les berges de la Seine, de la Marne et du canal Saint-Martin. Douze seulement n'ont pu être rappelées à la vie et 389 sont sorties saines et sauves des pavillons de secours. C'est donc dans la magnifique proportion de 97 pour 100 que des créatures humaines ont pu être sauvées, grâce à l'organisation de ce service.

Parmi les 389 personnes arrachées à la mort, 131 n'étaient restées que quelques secondes sous l'eau ; 222 y étaient restées de une à quatre minutes, et une pendant un quart d'heure. Parmi les douze qui n'ont pu être rappelées à la vie, 11 n'avaient été repêchées que dans un délai de dix à trente minutes. La douzième, qui n'était restée sous l'eau que quatre minutes, avait succombé à une congestion, conséquence de la proximité de son dernier repas.

La respiration artificielle, la traction rythmée de la langue, les inhalations d'oxygène, mais surtout l'emploi des moyens de réchauffement par frictions à la flanelle chaude ont donné les meilleurs résultats.

Mais ce qui est à noter, ce qui est vraiment remarquable, c'est que les soins aux noyés, récompensés par un si heureux succès, ont été donnés presque exclusivement par les gardiens de la paix, sans le concours des médecins. Aussi, M. Laurent, secrétaire général de la Préfecture de police, s'est-il fait l'interprète de l'unanimité des membres du Conseil d'hygiène en adressant des félicitations aux braves agents préposés au service des postes de secours. La population parisienne s'associera certainement à ce juste hommage.

Le Figaro — 2 septembre 1897

 UN DESCENDANT DE VIRGILE - Le Temps – 9 janvier 1897

UN DESCENDANT DE VIRGILE.

Quatre ou cinq personnes suivaient hier un corbillard qui, sortant de l'église Saint-Germain-des-Prés, se rendait à Bagneux. Les passants auraient éprouvé une certaine surprise, si on leur avait appris que le mort que l'on conduisait si modestement au cimetière, était un descendant de Virgile.

Charles Maron, en effet, né en 1817, à Nevers, se disait originaire d'un petit village des environs de Mantoue, et affirmait, non sans orgueil, que Publius Virgilius Maro était un de ses ancêtres.

Frère d'Eugène Maron, le secrétaire de Lamennais, et l'auteur de plusieurs ouvrages estimés sur l'histoire de la Révolution, Charles Maron était lui-même un lettré et un érudit fort distingué. Il avait été bibliothécaire de la ville d'Autun, et rédacteur en chef d'un journal qui eut quelque importance au commencement.de l'empire.

Venu à Paris vers 1854, il collabora à la rédaction du Magasin pittoresque pendant plus de vingt ans. Ses recherches se portèrent surtout sur l'histoire de l'architecture et de la sculpture française. Il laisse, sur ce sujet, le manuscrit d'un ouvrage qui doit paraître en quatre volumes in-8°.

Ces dernières années, dans les cafés du quartier Latin, on pouvait voir souvent ce grand vieillard maigre, aux allures d'officier retraité, à la même table que Paul Verlaine et Paul Arène. Les conversations étaient alors fort gaies, car C. Maron savait parler avec beaucoup d'esprit, et avait gardé dans sa mémoire mille anecdotes sur presque toutes les célébrités contemporaines. Il était précieux aux jeunes journalistes en quête de sujets « d'échos ». Chaque année, au 1er janvier, il recevait une lettre assez curieuse Les habitants du hameau mantouin, dont il était originaire, portent tous le nom de Maro. Ils considéraient le mort d'hier comme le doyen de leur famille et ne manquaient jamais de venir annuellement lui exprimer leurs vœux dans un patois qui n'avait que de vagues rapports avec la langue des Géorgiques.

Le Temps – 9 janvier 1897

 Enfoncés, les « cent-kilos »! - 1897

Enfoncés, les « cent-kilos »!

L'Association américaine des hommes gras vient de fêter, à Gregory's Point près de Norwalk, dans le Connecticut, le trentième anniversaire de sa fondation.

Plus nombreux et plus mastodontesques que jamais, les ventripotents sociétaires. Suivant la coutume, les réjouissances ayant débuté par un pesage général, à douze reprises la bascule gémit sous des poids supérieurs à quatre cents livres.

Soudain monta sur le plateau, sûr d'un facile triomphe, un hôtelier de Brooklyn mesurant trois mètres quatre-vingt-huit de tour de taille; Mais l'on dut lui décerner Je prix sans savoir exactement quel nombre inimaginable de kilos il recélait dans ses flancs ballonnés. Trop faible, la bascule s'était effondrée, emportant parmi ses débris le secret de la jauge du prince des colosses.

Le Matin - 20 septembre 1897

 Un toutou philanthrope - 1897

Un toutou philanthrope

Actuellement, à l’Exposition du «Ladies Kennel Club » de Londres, figure, avec tous les honneurs dus à ses vertus, un retriever répondant au nom de Tim.

Ce chien; bien connu des habitués de la ligne du Great Western Railway, arpente sans cesse les quais de la station de Paddington, portant, fixée sur sa tête, une boite en forme de tirelire. Ainsi harnaché, l'intelligent animal va se poster devant chaque personne qui débouche sur la plateforme et solliciter son obole. Les sommes recueillies par- lui sont destinées aux veuves et aux orphelins des employés de la Compagnie. Voici près de cinq années qu’il se livre à cette généreuse occupation et pendant ce laps de temps il a récolté plus de huit mille francs.

Tim semble tout indique pour une médaille d’or !

L'Echo de Paris - 20/12/97

 De Vienne - 1897

De Vienne

« Les soldats de la garnison de Vienne, pour peu qu'ils aient la reconnaissance de l'estomac, garderont un excellent souvenir de la journée du 4 janvier prochain, où s'ouvrira la deuxième exposition culinaire internationale. Le Comité de l'exposition a décidé de prendre à sa charge, ce jour-là, l'entretien des troupes viennoises et de remplacer l'ordinaire par des quantités fantastiques de saucisses, de goulash et autres spécialités de la cuisine austrô-hongroise.

» Il ne sera pas distribué moins de 50,000 paires de saucisses les régiments hongrois recevront des saucisses de Debreczin, et les régiments autrichiens des saucisses de Vienne au raifort. Comme chaque paire de saucisses a au moins une longueur moyenne de 25 centimètres, les 50,000 paires placées bout à bout représenteront une longueur totale de douze kilomètres et demi ».

Le Figaro - 17 décembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

 Avis salutaire

Avis salutaire.

Pour tous les affaiblis, les anémiques, les neurasthéniques, menacés d’affections plus graves; pour les enfants pâles et chétifs, pour les femmes et les jeunes filles, dont les fonctions sont si souvent troublées par l’appauvrissement du sang, rien ne vaut d’après les sommités médicales, le principe ferrugineux retiré du sang lui-même, le sirop d’Hémoglobine Deschiens.

Là où les autres médicaments ont échoué, tous sentent renaître en eux une vie nouvelle.

Dépôt Général : Deschiens, 9, rue Paul-Baudry, Paris, et Pharmacies. Le flacon, 4 fr. franco c. mandat ou timbres. Se défier des imitations.

NOUVELLES À LA MAIN
La petite Jeanne et son frère Titi

La petite Jeanne et son frère Titi – six et quatre ans – entrent avant-hier dans la chambre de leurs parents pour leur souhaiter la bonne année.

Quand la petite Jeanne a récité le compliment appris à l'école, le jeune Titi, qui se souvient mal des quelques mots que sa mère lui a fait répéter la veille, dit à son tour

— Moi aussi, papa, je te souhaite une bonne amie !


Au café- Un monsieur à tournure militaire,

Au café

Un monsieur à tournure militaire, les cheveux ras, la moustache grisonnante et la rosette à la boutonnière, s'assied à une table.

Un garçon se précipite

— Qu'est-ce que monsieur a commandé ?

— Le 9ème dragons, mon ami, répond bienveillamment le monsieur.


Dans le monde. Pour une veuve de trois mois,

Dans le monde

— Pour une veuve de trois mois, la petite vicomtesse est ce soir d'un entrain.

— Avouez que le rire va joliment bien à son genre de douleur !


Au cercle. Un joueur à son voisin de tapis vert:

Au cercle.

Un joueur à son voisin de tapis vert:

— Prêtez mois dix louis..... Je vous les rendrai demain sans faute...

Le voisin hésite et après dix secondes de réflexion :

— Ma foi! non. fait-il. J’aime mieux les perdre..!.. C'est plus sûr !


Un paysan dans une gare parisienne

Un paysan dans une gare parisienne :

— Combien, vous dites ?

— Trois francs soixante.

— Trois francs, hein ?

— Trois francs soixante. Dépêchez-vous, le monde attend derrière vous.

— C’est trois francs et un fromage. C’est dit ?

— Allez-vous en... circulez ! le monde attend.

— Ah ! ben, vous savez, bonsoir ! Faut pas tant faire le fier ! Y a d’autres gares à Paris !

Et le paysan s’éloigne avec un rire muet.

Le mot d'Alphonse Allais


Moi… Je suis un type dans le genre de Napoléon Ier : ma femme s'appelle Joséphine !