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128e jour de l'année — Septième année — N°3820 Jeudi 8 Mai 1897

ÉCHOS DU JOUR


Ce qui se passe


 LA GRÈVE DES BOUCHERS

LA GRÈVE DES BOUCHERS

Ça continue à se compliquer. Voici maintenant que les patrons, désavouant les arbitres qu'ils avaient désignés, refusent de s'exécuter. Dans une affiche apposée hier matin, ils invitent leur personnel à reprendre la travail aux conditions anciennes. A la même heure apparaissait une -affiche du syndicat ouvrier, invitant les abatteurs à continuer la grève et à ne pas se laisser endormir (sic) jusqu'à ce que le préfet ait apposé sa signature.

Les patrons charcutiers le prennent de plus haut; ils déclarent que les ouvriers ne savent pas ce qu'ils veulent que le conseil municipal est incompétent et qu'il faut absolument que le travail de nuit continua pour permettre aux ouvriers charcutiers de devenir patrons à leur tour. Ils menacent en outre les ouvriers de se servir de machines à abattre, grâce auxquelles dix ouvriers au lieu de deux cents suffiront aux besoins de la consommation parisienne. Et comme tout en France se termine par des réunions, tous les charcutiers de Paris en tiendront une demain.

Les arbitres des charcutiers n'ayant pas même pu se mettre d'accord pour désigner un tiers arbitre, ce; n'est donc pas de ce côté qu'on peut espérer la solution de la grève.

Mais voilà bien d'une autre. II parait que la grève réduira au chômage d'abord les boyaudiers, puis les fabriques de saucissons de baudruche, de cordes à violon, etc. Tout ce monde proteste qu'il n'est pour rien dans le conflit actuel, ce dont on n'a jamais, douté. Mais il est permis de se demander comment feraient les violonistes si les cordes leur manquaient ? Que ces derniers ne s'alarment pas à défaut de boyaux de mouton, on en reviendrait aux boyaux de chats. Ces pauvres animaux, exposés déjà il se voir réduire leur ration de mou, ont donc la perspective d'être immolés parce que les charcutiers ne veulent pas travailler la nuit. 0 conséquences des conséquences !

Aux abattoirs, hier samedi, animation un peu plus grande que les jours précédents. Dans soixante et onze échaudoirs, travaillaient deux cent huit patrons ou membres de leurs familles et quelques ouvriers. On signale d'ailleurs l'arrivée de quelques ouvriers suisses et lyonnais.

D'autre part, le comité de la grève cherche à entraîner les ouvriers bouviers et meneurs de viande les efforts ne paraissent pas devoir être couronnés de succès.

Aux Halles. Légère hausse sur les veaux et les moutons, baisse sur les porcs, cours stationnaire sur les bœufs.

Le Gaulois — 7 novembre 1897
 MEMENTO CYCLISTE

MEMENTO CYCLISTE

Il n'y a aucun doute, le pneumatique qui obtiendra le plus de succès en 1898, c'est le Dunlop démontable, qui, chaque année, s'affirme comme le meilleur parmi les meilleurs.


L'hiver adaptez à votre bicyclette une chiane à rouleaux trempés de Clément, 20 rue Brunel et vous pourez narguer la pluie et la boue.

Encore un drame


 Un drame montmartrois

Un drame montmartrois.

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

Ils s'étaient dit « Quand nous aurons l'âge, nous nous marierons pour de vrai. »

Paul Balbien a aujourd'hui seize ans; il habite, 4, rue Leibniz. Sa petite amie, Marie Baillon, a quinze ans ; elle demeure, avec ses parents, au n° 37 de la rue des Saules. Le jeune garçon n'avait pas tardé à se lier avec tous les petits voyous de Montmartre et autres lieux circonvoisins Des Grandes-Carrières à la Goutte-d'Or, on ne le connaissait pas très avantageusement que sous le sobriquet de Paulot.

Bref, l'année dernière, le précoce Paulot devenait l'amant d'une petite gourgandine de Montmartre, Berthe Chapuzot, qu'il rouait de coups matin et soir, histoire de s'entretenir la main, comme ses aînés du boulevard extérieur.

Il y a un mois, fatiguée de l'existence abominable que Paulot lui faisait et ayant appris que Marie Bâillon soupirait toujours tendrement pour son ami d'enfance, Berthe Chapuzot alla trouver la jeune fille et lui proposa de la mettre sur l'heure en possession du cœur de Balbien. Elle-même serait bien débarrassée. Marie accueillait cette proposition avec joie. L'était une jolie fille maintenant. Elle posait chez le peintre Dubufe, avenue de Villiers, et chez plusieurs autres artistes de Montmartre. Eu somme, elle gagnait sa vie comme modèle.

Berthe lui ménagea un rendez-vous avec Paul et lui abandonna gaiement son amant. Le petit modèle ne tarda pas à se repentir de sa folie. Paul Balbien obligea bientôt la jeune Marie à poser l'ensemble pour des messieurs vieux souvent qui n'étaient pas des peintres, et, lorsque la pauvrette refusait, les coups pleuvaient sur ses chétives épaules.

Un soir que la jeune fille et une de ses amies se trouvaient en compagnie d'un monsieur occupant une belle situation, Balbien s'était précipité sur lui en s'écriant Misérable vous accostez mes sœurs pour les déshonorer Vous ne savez donc pas qu'elles sont mineures ?

Et le monsieur, afin d'éviter un scandale, avait été obligé de dénouer les cordons de sa bourse.

Sur le conseil des peintres ses amis, Marie Baillon se décida à quitter le hideux Paulot.

Samedi dernier, elle ne voyait pas Paul Balbien. Ce dernier allait l'attendre, avenue de Clichy, et lui portait un coup de couteau au bras droit.

La victime n'osait déposer une plainte. Le lendemain, Paul rencontrait un de ses-amis, auquel il racontait complaisamment son équipée, comme s'il eût accompli un haut fait !

Tiens, voilà un revolver, lui dit l'ami tue-la Cela servira d'exemple aux autres. Paulot prit l'arme, et, hier soir, vers onze heures et demie, fallait se poster au coin des rues Lamarck et des Saules.

Lorsque la jeune fille parut, rentrant chez elle, il lui tira un coup de revolver presque à bout portant.

Marie Baillon fut atteinte au-dessus du sein gauche. On dut la transporter l'hôpital Bichat. Son état est grave.

Paulot a été arrêté et a été envoyé au Dépôt par M. Dupuy, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières. L'individu qui lui a prêté le revolver est activement recherché.

Le Matin – 14 octobre 1897

En pages intérieures

Echos et nouvelles


 Le développement du cyclisme - sept. 1897

Le développement du cyclisme

Le cyclisme se développe chaque jour davantage dans notre pays, ainsi que tout le monde peut s'en convaincre. Mais on n'a pas de notions précises sur les proportions qu'a prises ce nouveau mode de locomotion. Le ministère des finances vient précisément de nous fournir à cet égard des indications en quelque sorte mathématiques, par le relevé qu'il a fait des produits de l'impôt sur les vélocipèdes et des fluctuations annuelles qu'a subies cet impôt. Les résultats que le fisc a constatés sont curieux et méritent d'être signalés.

Le nombre des vélocipèdes soumis à l'impôt se trouvait être au 1er janvier 1897 de 329,816 pour toute la France. C'est le chiffre le plus récent qu'on ait pu constater, car l'année actuelle étant en cours et comportant, outre les rôles du début, des rôles supplémentaires, les statistiques s'y rapportant ne pourront être connues qu'en fin d'exercice.

Pour l'année 1895 on n'avait taxé que 256,084 vélocipèdes et pour l'année 1894, 203,026. On voit combien la progression est rapide. Elle s'accusera encore plus cette année.

L'impôt a produit, durant l'année 1896, la somme de 3,272,339 francs.

II est curieux de voir comment ce nombre de 329,816 vélocipèdes se répartit entre les départements. C'est naturellement celui de la Seine qui vient en tête avec 62,892 vélocipèdes.

Viennent ensuite : Seine-et-Oise, 14,343 vélocipèdes; Nord, 10,386 Seine-et-Marne, 9,085 Seine-Inférieure, 8,227; Gironde, 7,985; Marne, 7,672 Oise, 7,375 Aisne, 5,973 Somme, 5,379, etc.

Tels sont les dix premiers départements par ordre d'importance.

Les départements qui ont le moins de vélocipèdes sont les suivants: Corse, 98 Lozère, 137 Hautes-Alpes, 320 Haute-Loire, 377; Basses-Alpes, 402; Cantal, 404, et Ariège, 546.

Paris, à lui seul, paye environ le cinquième du produit total de l'impôt, soit 626,916 francs.

Le Figaro - 3 septembre 1897

 Listes électorales - Deibler - 1897

Listes électorales

Relevé sur les listes électorales du seizième arrondissement closes ces jours derniers, les deux noms qui suivent

DEIBLER, Louis, né à Dijon le 16 février 1825, rentier, rue de Billancourt.

DEIBLER, Anatole-Joseph-François, né à Rennes le 29 novembre 1863, employé d'administration, rue de Billancourt.

Ces deux électeurs, est-il besoin de le dire, ne sont autres que l'exécuteur des hautes œuvres et son fils, qui remplit auprès de lui les fonctions de premier aide adjoint. Jadis, M. Deibler mettait sur ses cartes de visite le titre d'ingénieur-mécanicien il s'intitule maintenant, non sans vanité, rentier, comme pour proclamer que le métier a du bon Quoi qu'il en soit, le bourreau est fort jaloux de ses droits électoraux et ne manque jamais, chaque année, de s'assurer que son nom figure bien sur les listes de son arrondissement. Non moins régulièrement, à chaque élection, il va déposer son bulletin dans l'urne. Ce n'est pas un abstentionniste.

Son rejeton, Anatole Deibler, est le seul fils de bourreau ayant régulièrement accompli son service militaire. Immatriculé au 1er bureau de recrutement de la Seine sous le n° 171 de la classe 1883, il a fait son temps de service dans un régiment d'infanterie et ne s'est pas prévalu de l'ordonnance rendue par Louis XVIII, qui dispensait de tout service les fils des exécuteurs des hautes œuvres, ordonnance dont les derniers bénéficiaires furent les trois fils de Roch.

Ajoutons cependant que le fils Deibler a été dispensé de faire ses vingt-huit jours et que cette dispense lui sera continuée dans la territoriale où il entre cette année.

Le Figaro — 17 février 1897

 ALLUMETTES EN PAPIER - Parville - 1897

ALLUMETTES EN PAPIER

Allumettes anglaises! Le bois est rare en Angleterre et le papier commun. Aussi on cherche à remplacer les allumettes en bois par des allumettes en papier, naturellement beaucoup plus économiques. Et l'on en a fabriqué! Elles ont la vogue, parce que c'est « nouveau ». Peut-être les aurons-nous aussi sur le continent; le bon bois à allumettes devient de plus en plus cher. Il y a bel âge que l'on se sert un peu partout de papiers pliés ou roulés pour l'allumage des feux et des lampes. On trouverait encore cette vieille allumette dans beaucoup de villes de nos départements. Pourquoi dépenser tant d'allumettes de la régie ? Une suffit et ensuite le papier rend le même service.

Les nouvelles allumettes sont constituées par un morceau de papier très serré roulé en spirale ; papier fort et poreux. On plonge ce papier dans une dissolution de cire, de stéarine. Alors il ne se déroule plus et brûle avec une flamme brillante et sans odeur. En Angleterre, on prend des bandes de doux centimètres de large, que l'on trempe dans la solution de stéarine ; après quoi, on les fait passer dans une machine spéciale qui les découpe de la longueur des allumettes de bois. Enfin, on enduit leur extrémité de la composition phosphorée. Et l'on empile par boites.

Ces allumettes, paraît-il, prennent feu très facilement, ne pèsent presque rien et ne s'éteignent pas au premier courant d'air comme les allumettes do bois. Voilà un moyen d'utiliser les vieux livres qui n'ont jamais rapporté un penny à leurs auteurs L'éditeur pourra en faire des allumettes... anglaises.

APL - 10 janvier 1897

 Le développement du cyclisme - sept. 1897

Le développement du cyclisme

Le cyclisme se développe chaque jour davantage dans notre pays, ainsi que tout le monde peut s'en convaincre. Mais on n'a pas de notions précises sur les proportions qu'a prises ce nouveau mode de locomotion. Le ministère des finances vient précisément de nous fournir à cet égard des indications en quelque sorte mathématiques, par le relevé qu'il a fait des produits de l'impôt sur les vélocipèdes et des fluctuations annuelles qu'a subies cet impôt. Les résultats que le fisc a constatés sont curieux et méritent d'être signalés.

Le nombre des vélocipèdes soumis à l'impôt se trouvait être au 1er janvier 1897 de 329,816 pour toute la France. C'est le chiffre le plus récent qu'on ait pu constater, car l'année actuelle étant en cours et comportant, outre les rôles du début, des rôles supplémentaires, les statistiques s'y rapportant ne pourront être connues qu'en fin d'exercice.

Pour l'année 1895 on n'avait taxé que 256,084 vélocipèdes et pour l'année 1894, 203,026. On voit combien la progression est rapide. Elle s'accusera encore plus cette année.

L'impôt a produit, durant l'année 1896, la somme de 3,272,339 francs.

II est curieux de voir comment ce nombre de 329,816 vélocipèdes se répartit entre les départements. C'est naturellement celui de la Seine qui vient en tête avec 62,892 vélocipèdes.

Viennent ensuite : Seine-et-Oise, 14,343 vélocipèdes; Nord, 10,386 Seine-et-Marne, 9,085 Seine-Inférieure, 8,227; Gironde, 7,985; Marne, 7,672 Oise, 7,375 Aisne, 5,973 Somme, 5,379, etc.

Tels sont les dix premiers départements par ordre d'importance.

Les départements qui ont le moins de vélocipèdes sont les suivants: Corse, 98 Lozère, 137 Hautes-Alpes, 320 Haute-Loire, 377; Basses-Alpes, 402; Cantal, 404, et Ariège, 546.

Paris, à lui seul, paye environ le cinquième du produit total de l'impôt, soit 626,916 francs.

Le Figaro - 3 septembre 1897

 Listes électorales - Deibler - 1897

Listes électorales

Relevé sur les listes électorales du seizième arrondissement closes ces jours derniers, les deux noms qui suivent

DEIBLER, Louis, né à Dijon le 16 février 1825, rentier, rue de Billancourt.

DEIBLER, Anatole-Joseph-François, né à Rennes le 29 novembre 1863, employé d'administration, rue de Billancourt.

Ces deux électeurs, est-il besoin de le dire, ne sont autres que l'exécuteur des hautes œuvres et son fils, qui remplit auprès de lui les fonctions de premier aide adjoint. Jadis, M. Deibler mettait sur ses cartes de visite le titre d'ingénieur-mécanicien il s'intitule maintenant, non sans vanité, rentier, comme pour proclamer que le métier a du bon Quoi qu'il en soit, le bourreau est fort jaloux de ses droits électoraux et ne manque jamais, chaque année, de s'assurer que son nom figure bien sur les listes de son arrondissement. Non moins régulièrement, à chaque élection, il va déposer son bulletin dans l'urne. Ce n'est pas un abstentionniste.

Son rejeton, Anatole Deibler, est le seul fils de bourreau ayant régulièrement accompli son service militaire. Immatriculé au 1er bureau de recrutement de la Seine sous le n° 171 de la classe 1883, il a fait son temps de service dans un régiment d'infanterie et ne s'est pas prévalu de l'ordonnance rendue par Louis XVIII, qui dispensait de tout service les fils des exécuteurs des hautes œuvres, ordonnance dont les derniers bénéficiaires furent les trois fils de Roch.

Ajoutons cependant que le fils Deibler a été dispensé de faire ses vingt-huit jours et que cette dispense lui sera continuée dans la territoriale où il entre cette année.

Le Figaro — 17 février 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

 Bijou argent noir

Voici le moment où l’on part pour la campagne ou les bains de mer. Pour ces villégiatures, le bijou précieux n’est pas de mise, et les femmes élégantes laissent dans leurs écrins perles et diamants pour ne porter que des bijoux de fantaisie. Parmi ceux-ci, le plus en vogue est le bijou en argent noir qui a été adopté par toutes à cause de son élégance et de son cachet comme il faut. Il est inaltérable et l’action de l’air ou de l’eau salée est nulle sur lui. Il joue à ravir la perle noire et constitue un ravissant bijou de deuil. Nos lectrices peuvent le demander chez tous les bons bijoutiers ou à la fabrique, 17, rue du Cygne, au coin de la rue Turbigo.

NOUVELLES À LA MAIN
La jeune et jolie veuve d'un vieux mari

La jeune et jolie veuve d'un vieux mari, retirée à la campagne pour n'être pas distraite de son chagrin, reçoit au bout de quelques jours la visite d'une amie de Paris.

— Ç'a été pour vous, dit la visiteuse, un coup bien cruel.

— Oh! oui, un gros crève-cœur, je vous assure. Et, changeant brusquement de ton :

— A propos de crève-cœur, venez donc voir mes poules !


Un curé auquel on vient de supprimer son traitement

Un curé auquel on vient de supprimer son traitement sans décider à supprimer son zèle et sa charité reçoit la visite maire du village.

Ils font ensemble un tour dans le jardin du presbytère.

— Vous avez vraiment ici, monsieur le curé, un air délicieux

— Oui, monsieur le maire ; mais il serait encore meilleur si j’en pouvais vivre.


Un précepteur explique son élève le mécanisme de la locomotive.

Un précepteur explique son élève le mécanisme de la locomotive.
— J'ai compris à la perfection, seulement un point obscur.
— Et quoi donc ?
— Comment la locomotive peut-elle marcher sans chevaux ?


Mme de B. fait mander le nouveau précepteur de son fils

Mme de B... fait mander le nouveau précepteur de son fils, frais émoulu du baccalauréat -.pas le précepteur et lui reproche avec une véhémente, indignation d'avoir été rencontré, avec son élève dans un établissement aussi chorégraphique que peu édifiant.

Le précepteur, faisant bonne contenance :

— Cela entre, madame, dans mon système d'éducation, Je commence par montrer à votre fils le monde qu'il ne faut pas fréquenter !


Un paysan dans une gare parisienne

Un paysan dans une gare parisienne :

— Combien, vous dites ?

— Trois francs soixante.

— Trois francs, hein ?

— Trois francs soixante. Dépêchez-vous, le monde attend derrière vous.

— C’est trois francs et un fromage. C’est dit ?

— Allez-vous en... circulez ! le monde attend.

— Ah ! ben, vous savez, bonsoir ! Faut pas tant faire le fier ! Y a d’autres gares à Paris !

Et le paysan s’éloigne avec un rire muet.

Le mot d'Alphonse Allais


En exigeant une réparation, on n'arrive souvent qu'à se faire démolir.