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113e jour de l'année — Septième année — N°2709 Samedi 23 Avril 1897

ÉCHOS DU JOUR


Ce qui se passe


 LA GRÈVE DES BOUCHERS

LA GRÈVE DES BOUCHERS

Ça continue à se compliquer. Voici maintenant que les patrons, désavouant les arbitres qu'ils avaient désignés, refusent de s'exécuter. Dans une affiche apposée hier matin, ils invitent leur personnel à reprendre la travail aux conditions anciennes. A la même heure apparaissait une -affiche du syndicat ouvrier, invitant les abatteurs à continuer la grève et à ne pas se laisser endormir (sic) jusqu'à ce que le préfet ait apposé sa signature.

Les patrons charcutiers le prennent de plus haut; ils déclarent que les ouvriers ne savent pas ce qu'ils veulent que le conseil municipal est incompétent et qu'il faut absolument que le travail de nuit continua pour permettre aux ouvriers charcutiers de devenir patrons à leur tour. Ils menacent en outre les ouvriers de se servir de machines à abattre, grâce auxquelles dix ouvriers au lieu de deux cents suffiront aux besoins de la consommation parisienne. Et comme tout en France se termine par des réunions, tous les charcutiers de Paris en tiendront une demain.

Les arbitres des charcutiers n'ayant pas même pu se mettre d'accord pour désigner un tiers arbitre, ce; n'est donc pas de ce côté qu'on peut espérer la solution de la grève.

Mais voilà bien d'une autre. II parait que la grève réduira au chômage d'abord les boyaudiers, puis les fabriques de saucissons de baudruche, de cordes à violon, etc. Tout ce monde proteste qu'il n'est pour rien dans le conflit actuel, ce dont on n'a jamais, douté. Mais il est permis de se demander comment feraient les violonistes si les cordes leur manquaient ? Que ces derniers ne s'alarment pas à défaut de boyaux de mouton, on en reviendrait aux boyaux de chats. Ces pauvres animaux, exposés déjà il se voir réduire leur ration de mou, ont donc la perspective d'être immolés parce que les charcutiers ne veulent pas travailler la nuit. 0 conséquences des conséquences !

Aux abattoirs, hier samedi, animation un peu plus grande que les jours précédents. Dans soixante et onze échaudoirs, travaillaient deux cent huit patrons ou membres de leurs familles et quelques ouvriers. On signale d'ailleurs l'arrivée de quelques ouvriers suisses et lyonnais.

D'autre part, le comité de la grève cherche à entraîner les ouvriers bouviers et meneurs de viande les efforts ne paraissent pas devoir être couronnés de succès.

Aux Halles. Légère hausse sur les veaux et les moutons, baisse sur les porcs, cours stationnaire sur les bœufs.

Le Gaulois — 7 novembre 1897
 L’ART HERNIAIRE

UN ADMIRABLE PERFECTIONNEMENT DANS L’ART HERNIAIRE

Une véritable révolution a été accomplie dans l’art herniaire par le médecin spécialiste L. Barrière, qui, en remplaçant le ressort par des liens élastiques, a permis de contenir désormais toutes les hernies sans aucune gêne. Tous les sports, tous les travaux sont rendus faciles à ceux qui, jusque-là, étaient véritablement infirmes. On peut essayer gratuitement les appareils ou demander une brochure gratis 3, boulevard du Palais, Paris.

Encore un drame


 Un drame montmartrois

Un drame montmartrois.

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

Ils s'étaient dit « Quand nous aurons l'âge, nous nous marierons pour de vrai. »

Paul Balbien a aujourd'hui seize ans; il habite, 4, rue Leibniz. Sa petite amie, Marie Baillon, a quinze ans ; elle demeure, avec ses parents, au n° 37 de la rue des Saules. Le jeune garçon n'avait pas tardé à se lier avec tous les petits voyous de Montmartre et autres lieux circonvoisins Des Grandes-Carrières à la Goutte-d'Or, on ne le connaissait pas très avantageusement que sous le sobriquet de Paulot.

Bref, l'année dernière, le précoce Paulot devenait l'amant d'une petite gourgandine de Montmartre, Berthe Chapuzot, qu'il rouait de coups matin et soir, histoire de s'entretenir la main, comme ses aînés du boulevard extérieur.

Il y a un mois, fatiguée de l'existence abominable que Paulot lui faisait et ayant appris que Marie Bâillon soupirait toujours tendrement pour son ami d'enfance, Berthe Chapuzot alla trouver la jeune fille et lui proposa de la mettre sur l'heure en possession du cœur de Balbien. Elle-même serait bien débarrassée. Marie accueillait cette proposition avec joie. L'était une jolie fille maintenant. Elle posait chez le peintre Dubufe, avenue de Villiers, et chez plusieurs autres artistes de Montmartre. Eu somme, elle gagnait sa vie comme modèle.

Berthe lui ménagea un rendez-vous avec Paul et lui abandonna gaiement son amant. Le petit modèle ne tarda pas à se repentir de sa folie. Paul Balbien obligea bientôt la jeune Marie à poser l'ensemble pour des messieurs vieux souvent qui n'étaient pas des peintres, et, lorsque la pauvrette refusait, les coups pleuvaient sur ses chétives épaules.

Un soir que la jeune fille et une de ses amies se trouvaient en compagnie d'un monsieur occupant une belle situation, Balbien s'était précipité sur lui en s'écriant Misérable vous accostez mes sœurs pour les déshonorer Vous ne savez donc pas qu'elles sont mineures ?

Et le monsieur, afin d'éviter un scandale, avait été obligé de dénouer les cordons de sa bourse.

Sur le conseil des peintres ses amis, Marie Baillon se décida à quitter le hideux Paulot.

Samedi dernier, elle ne voyait pas Paul Balbien. Ce dernier allait l'attendre, avenue de Clichy, et lui portait un coup de couteau au bras droit.

La victime n'osait déposer une plainte. Le lendemain, Paul rencontrait un de ses-amis, auquel il racontait complaisamment son équipée, comme s'il eût accompli un haut fait !

Tiens, voilà un revolver, lui dit l'ami tue-la Cela servira d'exemple aux autres. Paulot prit l'arme, et, hier soir, vers onze heures et demie, fallait se poster au coin des rues Lamarck et des Saules.

Lorsque la jeune fille parut, rentrant chez elle, il lui tira un coup de revolver presque à bout portant.

Marie Baillon fut atteinte au-dessus du sein gauche. On dut la transporter l'hôpital Bichat. Son état est grave.

Paulot a été arrêté et a été envoyé au Dépôt par M. Dupuy, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières. L'individu qui lui a prêté le revolver est activement recherché.

Le Matin – 14 octobre 1897

En pages intérieures

Echos et nouvelles


 LE BILAN DE LA MORGUE POUR 1896

LE BILAN DE LA MORGUE
POUR 1896

La statistique de la Morgue n'est peut-être pas un document d'une excessive gaieté. Il a cependant ceci de consolant que pendant l'année 1896 le funèbre monument n'a reçu que 846 corps, alors qu'en 1895 il en avait reçu 890. C'est une différence de 44 en moins. Ajoutons que c'est, depuis vingt-six ans, le chiffre le moins élevé.

Ces 846 corps, dont 541 appartiennent au sexe masculin et 305 au sexe féminin, ont donné lieu à 711 reconnaissances, soit par les parents ou les amis des décédés, soit par le fait d'une visite d'un curieux quelconque à la Morgue.

Le corps qui a clos l'inventaire de l'année est celui d'un nommé Bizot, repêché à Pantin, dans le canal, le 31 décembre 1.896, à, sept heures du soir.

Comme toujours, c'est pendant la saison chaude que la Morgue reçoit le plus de corps alors qu'en juillet on y amenait 109 cadavres, en décembre il n'y en avait que 39. Quant aux genres de décès, la submersion continue à tenir la tète sur 816 corps, 213 proviennent de repêchages.

Les dépenses de la Morgue pour 1896 ont été de 89,524 francs. Mais dans ce chiffre est compris le service du Laboratoire de toxicologie.

Et, revenant à ce que nous disions en commençant, si pour la généralité du public la Morgue comporte une idée sinistre, il faut ajouter cependant que c'est pour beaucoup de gens une attraction et un lieu de promenade favori. Enfin, bien mieux encore, l'ancien greffier en chef, l'aimable M. Clovis Pierre, qui, pendant plusieurs années, a dirigé l'établissement, n'a-t-il pas chanté en un volume de vers humoristiques les Gaités de la Morgue ?

Le Figaro – 12 janvier 1897

 Hommage à la vertu - 1897

Hommage à la vertu

Quimper. Un cas curieux, tout à l'honneur de la population presque entièrement maritime de Douarnenez, où il y a eu, en 1896, 416 naissances. Or, parmi ces naissances, on n'en compte pas une seule d'illégitime.

Douarnenez compte près de 8,000 habitants.

Le Figaro - 10 janvier 1897

 Écrevisses d'Amérique - 1897

Écrevisses d'Amérique. On sait que, depuis plusieurs années, une maladie a sévi, dans les rivières françaises, sur les écrevisses. Elles n'en mouraient pas toutes mais la race menaçait de s'éteindre, au grand effroi des restaurateurs parisiens.

De récentes expériences faites par un pisciculteur allemand auraient démontré qu'une certaine espèce de crustacés, le cambarus affinis était réfractaire à l'épidémie. Mais le cambarus affinis vit en Amérique, et, jusqu'ici, tous les efforts tentés pour en faire venir des spécimens vivants en France avaient échoué.

Le directeur de la station agricole du Nid-de-Verdier, à Fécamp, a été assez heureux pour recevoir, ces jours derniers, une quantité considérable de ces crustacés, en parfait état de santé, et il se propose d'en acclimater la race dans notre pays.

Les cambarus diffèrent de nos écrevisses en ce que leur appareil respiratoire, au lieu de présenter 36 branches, n'en présente que 34. Ils sont en outre d'une plus grande dimension. Les plus petits mesurent 14 centimètres de l'extrémité du rostre à celle de l'abdomen. Ils pèsent en moyennent 70 grammes. La cuisson leur donne une magnifique couleur rouge, et ils ont une chair fort délicate.

Le Temps – 9 janvier 1897

 La maison Boudet - 1897

La maison Boudet, boulevard des Capucines, fait en ce moment une splendide exposition d'articles pour étrennes bijouterie, orfèvrerie, maroquinerie, meubles, bronzes, marbres, objets d'art, etc. Nous avons déjà dit que nous avions eu l'occasion de visiter .cette exposition, qui nous a beaucoup intéressé, et que nous y avons remarqué de très beaux articles à très bas prix. Nous pouvons ajouter que tout y est d'un goût exquis.

Le Figaro — 15 décembre 1897

 LA VOITURE ARTICULÉE POUR ENFANTS - 1897

UNE NOUVELLE INVENTION

LA VOITURE ARTICULÉE
POUR ENFANTS

La locomotion, qui subit, depuis quelques années, les transformations les plus imprévues, nous ménage chaque jour une nouvelle surprise. Après la bicyclette, après les automobiles, voici maintenant que les enfants prennent leur part à cette évolution scientifique, car nos ingénieurs, toujours à la recherche du progrès et du confortable, viennent de bouleverser les systèmes jusqu'ici employés pour le transport de ces frêles mais intéressantes créatures, en mettant au monde un nouveau véhicule la Voiture articulée.

De tout temps, les médecins ont, avec raison, protesté contre l'incommode, lourde et encombrante voiture actuellement en usage. N'encaissez pas l'enfant, disaient-ils ; pas de voitures à coussins ! le bébé s'échauffe dans ce réduit étroit où les fonctions respiratoires de la peau ne peuvent s'opérer : Pas davantage de charrette anglaise ce véhicule est trop cahoteux Que MM. les médecins, que les mères se rassurent! leurs vœux sont exaucés.

Aujourd'hui la voiture d'enfant est devenue un véritable jouet, s'ouvrant, se fermant à volonté comme un parapluie.

L' «Articulée » est une merveille mécanique par sa simplicité et son extrême solidité. Sa construction en métal recouvert d'une sangle riche, de couleurs variées et charmantes, en fait un véhicule essentiellement hygiénique, si gracieux, si élégant, qu'il arrache à tous les spectateurs un cri d'admiration. Aussi les ateliers du 28, avenue de Saint-Ouen, à Paris, siège de l' « Articulée », regorgent-ils d'acheteurs qui emportent par surcroît, pour leurs parents, leurs amis, la notice que la direction de l' « Articulée » envoie, du reste, gratuitement à toutes les personnes qui en font la demande.

Cette intéressante invention, toute française, prendra dans notre pays la plus grande extension, car nous savons que de nombreux négociants désirent la propager et se font inscrire afin d'en obtenir le dépôt. A l'étranger, on n'est pas moins ému ; les propositions les plus avantageuses émanent de tous les pays, et bientôt, sans doute, la voiture articulée aura fait le tour du monde. Quelle joie pour la famille ! La mère peut maintenant gravir les étages, monter en fiacre, en chemin de fer, parcourir les magasins, sa voiture d'une main et Bébé de l'autre Et pour justifier la popularité qui l'a accueillie, la Voiture articulée qui, fermée, est devenue si petite qu'elle a, 0m 15 d'épaisseur, s'est mise aussi à la portée de toutes les bourses, défiant ainsi toute rivalité par la modicité de son prix, sa commodité, ses qualités hygiéniques, sa rigidité, et enfin par son élégance.

Paul Bernier.
Le Figaro — 23 mars 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

 Hygiène - Beauté

Hygiène - Beauté

Il est probable, Mesdames, que beaucoup d’entre vous ont déjà eu recours aux nombreux laxatifs connus pour combattre cette malheureuse indisposition dont on ne se préoccupe pas assez, et dont les malaises consécutifs sont l’origine de bien des maladies. Non seulement la constipation altère la santé, mais on peut dire qu’elle détruit la beauté. Ce n’est un secret pour personne que la constipation est la cause de migraines, qu’elle trouble la digestion, qu’elle donne mauvaise haleine et, ce qui est pis encore pour vous, Mesdames, elle vous fait perdre votre joli teint, elle cerne vos beaux yeux, et, conséquence grave, elle épaissit votre taille jusqu’à l’embonpoint.

Le professeur Trousseau écrivait : « Un grand nombre d’accidents morbides dont la cause paraît inconnue sont dus à un état de constipation habituelle. Loin de moduler heureusement la constipation, les purgatifs l’augmentent et la rendent presque invincible.

Seul un léger laxatif peut vaincre la constipation. La thérapeutique française s’est enrichie d’un laxatif qui a fait ses preuves dans les hôpitaux et n’a aucun des inconvénients des produits similaires : ce n’est autre chose qu’une plante de nos pays, La Bourdaine.

Étudié depuis plusieurs années, grâce à sa pureté absolue, ce laxatif donne des résultats merveilleux et ne dégrade pas l’estomac. C’est pourquoi je n’hésite pas à recommander à mes lectrices ce laxatif présenté sous forme de pilules sous le nom de Grains de Plombières, une à deux le soir avant le repas pour obtenir le lendemain un effet certain sans malaise.

Dr A.-V.
NOUVELLES À LA MAIN
Dans un restaurant modeste et parisien

Dans un restaurant modeste et parisien un consommateur goûte à un œuf à la coque et s’arrête, perplexe :

— Garçon ! Combien de temps gardez-vous vos œufs ?

— Mais, monsieur, jusqu’à ce qu’on les mange.


Nos domestiques. La femme de chambre à la cuisinière

Nos domestiques.

La femme de chambre à la cuisinière :

— Hier soir, ma chère, monsieur m'a prise pour madame.

— Ah bah ! il t'a embrassée dans un coin.

— Ah bien ouiche ! il m'a fait une scène épouvantable agrémentée de sottises et d'injures.


Mme de B. fait mander le nouveau précepteur de son fils

Mme de B... fait mander le nouveau précepteur de son fils, frais émoulu du baccalauréat -.pas le précepteur et lui reproche avec une véhémente, indignation d'avoir été rencontré, avec son élève dans un établissement aussi chorégraphique que peu édifiant.

Le précepteur, faisant bonne contenance :

— Cela entre, madame, dans mon système d'éducation, Je commence par montrer à votre fils le monde qu'il ne faut pas fréquenter !


Durapiat, qui est sur le point de marier sa fille

Durapiat, qui est sur le point de marier sa fille, ne cesse de récriminer contre les achats coûteux occasionnés par cet événement.

— Tu me ruineras, fillette, répète-t-il,  tu me réduiras à finir mes jours à l'Hôtel-Dieu !

— Oh papa, si tu pensais un mot de ce que tu viens de dire, tu aurais choisi l'hôpital Trousseau.


Un paysan dans une gare parisienne

Un paysan dans une gare parisienne :

— Combien, vous dites ?

— Trois francs soixante.

— Trois francs, hein ?

— Trois francs soixante. Dépêchez-vous, le monde attend derrière vous.

— C’est trois francs et un fromage. C’est dit ?

— Allez-vous en... circulez ! le monde attend.

— Ah ! ben, vous savez, bonsoir ! Faut pas tant faire le fier ! Y a d’autres gares à Paris !

Et le paysan s’éloigne avec un rire muet.

Le mot d'Alphonse Allais


A vendre, casseroles carrées pour empêcher le lait de tourner.