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173e jour de l'année — Septième année — N°2769 Mercredi 22 Juin 1897

ÉCHOS DU JOUR


Ce qui se passe


 LA GRÈVE DES BOUCHERS

LA GRÈVE DES BOUCHERS

Ça continue à se compliquer. Voici maintenant que les patrons, désavouant les arbitres qu'ils avaient désignés, refusent de s'exécuter. Dans une affiche apposée hier matin, ils invitent leur personnel à reprendre la travail aux conditions anciennes. A la même heure apparaissait une -affiche du syndicat ouvrier, invitant les abatteurs à continuer la grève et à ne pas se laisser endormir (sic) jusqu'à ce que le préfet ait apposé sa signature.

Les patrons charcutiers le prennent de plus haut; ils déclarent que les ouvriers ne savent pas ce qu'ils veulent que le conseil municipal est incompétent et qu'il faut absolument que le travail de nuit continua pour permettre aux ouvriers charcutiers de devenir patrons à leur tour. Ils menacent en outre les ouvriers de se servir de machines à abattre, grâce auxquelles dix ouvriers au lieu de deux cents suffiront aux besoins de la consommation parisienne. Et comme tout en France se termine par des réunions, tous les charcutiers de Paris en tiendront une demain.

Les arbitres des charcutiers n'ayant pas même pu se mettre d'accord pour désigner un tiers arbitre, ce; n'est donc pas de ce côté qu'on peut espérer la solution de la grève.

Mais voilà bien d'une autre. II parait que la grève réduira au chômage d'abord les boyaudiers, puis les fabriques de saucissons de baudruche, de cordes à violon, etc. Tout ce monde proteste qu'il n'est pour rien dans le conflit actuel, ce dont on n'a jamais, douté. Mais il est permis de se demander comment feraient les violonistes si les cordes leur manquaient ? Que ces derniers ne s'alarment pas à défaut de boyaux de mouton, on en reviendrait aux boyaux de chats. Ces pauvres animaux, exposés déjà il se voir réduire leur ration de mou, ont donc la perspective d'être immolés parce que les charcutiers ne veulent pas travailler la nuit. 0 conséquences des conséquences !

Aux abattoirs, hier samedi, animation un peu plus grande que les jours précédents. Dans soixante et onze échaudoirs, travaillaient deux cent huit patrons ou membres de leurs familles et quelques ouvriers. On signale d'ailleurs l'arrivée de quelques ouvriers suisses et lyonnais.

D'autre part, le comité de la grève cherche à entraîner les ouvriers bouviers et meneurs de viande les efforts ne paraissent pas devoir être couronnés de succès.

Aux Halles. Légère hausse sur les veaux et les moutons, baisse sur les porcs, cours stationnaire sur les bœufs.

Le Gaulois — 7 novembre 1897
 Avis salutaire

Avis salutaire.

Pour tous les affaiblis, les anémiques, les neurasthéniques, menacés d’affections plus graves; pour les enfants pâles et chétifs, pour les femmes et les jeunes filles, dont les fonctions sont si souvent troublées par l’appauvrissement du sang, rien ne vaut d’après les sommités médicales, le principe ferrugineux retiré du sang lui-même, le sirop d’Hémoglobine Deschiens.

Là où les autres médicaments ont échoué, tous sentent renaître en eux une vie nouvelle.

Dépôt Général : Deschiens, 9, rue Paul-Baudry, Paris, et Pharmacies. Le flacon, 4 fr. franco c. mandat ou timbres. Se défier des imitations.

Encore un drame


 Un drame montmartrois

Un drame montmartrois.

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

Ils s'étaient dit « Quand nous aurons l'âge, nous nous marierons pour de vrai. »

Paul Balbien a aujourd'hui seize ans; il habite, 4, rue Leibniz. Sa petite amie, Marie Baillon, a quinze ans ; elle demeure, avec ses parents, au n° 37 de la rue des Saules. Le jeune garçon n'avait pas tardé à se lier avec tous les petits voyous de Montmartre et autres lieux circonvoisins Des Grandes-Carrières à la Goutte-d'Or, on ne le connaissait pas très avantageusement que sous le sobriquet de Paulot.

Bref, l'année dernière, le précoce Paulot devenait l'amant d'une petite gourgandine de Montmartre, Berthe Chapuzot, qu'il rouait de coups matin et soir, histoire de s'entretenir la main, comme ses aînés du boulevard extérieur.

Il y a un mois, fatiguée de l'existence abominable que Paulot lui faisait et ayant appris que Marie Bâillon soupirait toujours tendrement pour son ami d'enfance, Berthe Chapuzot alla trouver la jeune fille et lui proposa de la mettre sur l'heure en possession du cœur de Balbien. Elle-même serait bien débarrassée. Marie accueillait cette proposition avec joie. L'était une jolie fille maintenant. Elle posait chez le peintre Dubufe, avenue de Villiers, et chez plusieurs autres artistes de Montmartre. Eu somme, elle gagnait sa vie comme modèle.

Berthe lui ménagea un rendez-vous avec Paul et lui abandonna gaiement son amant. Le petit modèle ne tarda pas à se repentir de sa folie. Paul Balbien obligea bientôt la jeune Marie à poser l'ensemble pour des messieurs vieux souvent qui n'étaient pas des peintres, et, lorsque la pauvrette refusait, les coups pleuvaient sur ses chétives épaules.

Un soir que la jeune fille et une de ses amies se trouvaient en compagnie d'un monsieur occupant une belle situation, Balbien s'était précipité sur lui en s'écriant Misérable vous accostez mes sœurs pour les déshonorer Vous ne savez donc pas qu'elles sont mineures ?

Et le monsieur, afin d'éviter un scandale, avait été obligé de dénouer les cordons de sa bourse.

Sur le conseil des peintres ses amis, Marie Baillon se décida à quitter le hideux Paulot.

Samedi dernier, elle ne voyait pas Paul Balbien. Ce dernier allait l'attendre, avenue de Clichy, et lui portait un coup de couteau au bras droit.

La victime n'osait déposer une plainte. Le lendemain, Paul rencontrait un de ses-amis, auquel il racontait complaisamment son équipée, comme s'il eût accompli un haut fait !

Tiens, voilà un revolver, lui dit l'ami tue-la Cela servira d'exemple aux autres. Paulot prit l'arme, et, hier soir, vers onze heures et demie, fallait se poster au coin des rues Lamarck et des Saules.

Lorsque la jeune fille parut, rentrant chez elle, il lui tira un coup de revolver presque à bout portant.

Marie Baillon fut atteinte au-dessus du sein gauche. On dut la transporter l'hôpital Bichat. Son état est grave.

Paulot a été arrêté et a été envoyé au Dépôt par M. Dupuy, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières. L'individu qui lui a prêté le revolver est activement recherché.

Le Matin – 14 octobre 1897

En pages intérieures

Echos et nouvelles


 CHRONIQUE DE L'ELEGANCE

CHRONIQUE DE L'ÉLÉGANCE

Au point de vue culinaire les mœurs françaises se sont complètement transformées depuis un demi-siècle. La coutume de servir un grand nombre de plats à chaque repas est absolument démodée et même dans les maisons les plus opulentes on a absolument proscrit l'ordonnance ancienne des deux potages, relevé, quatre entrées, double rôti et entremets variés.

On trouve odieux la station prolongée à table et il faut que le service soit promptement achevé. Un dîner qui se prolongerait au delà de trois quarts d'heure serait déclaré insupportable et nous pouvons constater qu'à bien peu d'exceptions près, notre génération s'applique à manger le moins possible. Même on remarque que depuis quelques années l'engouement pour les viandes noires a beaucoup diminué.

Les hommes jeunes et très robustes seuls leur donnent encore la préférence on les défend aux enfants et aux estomacs débiles. Un plat d'œufs, une viande chaude, une viande froide, légumes et salades, un entremets de pâtisserie si l'on veut, tel est le menu habituel des déjeuners dans les maisons les mieux tenues. Un potage, un relevé, une entrée, un rôti chaud, un rôti froid, salade, légumes et plat doux, des fruits, peu ou point de bonbons, voilà pour le dîner lorsque l'on est nombreux, et l'on ne songe même pas, en dehors des grands dîners de cérémonie, à changer le menu si l'on reçoit plusieurs personnes en supplément à sa table. Le vrai luxe consiste à présenter de très grosses pièces, viandes, poissons, volailles ou gibier abondant. En revanche, la cuisine est extrêmement soignée, on est horriblement difficile et le rôti arrosé et cuit à point, les jus savoureux, les assaisonnements délicats sont à chaque repas l'objet des observations d'une maîtresse de maison qui connaît ses devoirs envers ses hôtes. Les détails du service sont très recherchés. 

Le Gaulois — 25 septembre 1897

 ALLUMETTES EN PAPIER - Parville - 1897

ALLUMETTES EN PAPIER

Allumettes anglaises! Le bois est rare en Angleterre et le papier commun. Aussi on cherche à remplacer les allumettes en bois par des allumettes en papier, naturellement beaucoup plus économiques. Et l'on en a fabriqué! Elles ont la vogue, parce que c'est « nouveau ». Peut-être les aurons-nous aussi sur le continent; le bon bois à allumettes devient de plus en plus cher. Il y a bel âge que l'on se sert un peu partout de papiers pliés ou roulés pour l'allumage des feux et des lampes. On trouverait encore cette vieille allumette dans beaucoup de villes de nos départements. Pourquoi dépenser tant d'allumettes de la régie ? Une suffit et ensuite le papier rend le même service.

Les nouvelles allumettes sont constituées par un morceau de papier très serré roulé en spirale ; papier fort et poreux. On plonge ce papier dans une dissolution de cire, de stéarine. Alors il ne se déroule plus et brûle avec une flamme brillante et sans odeur. En Angleterre, on prend des bandes de doux centimètres de large, que l'on trempe dans la solution de stéarine ; après quoi, on les fait passer dans une machine spéciale qui les découpe de la longueur des allumettes de bois. Enfin, on enduit leur extrémité de la composition phosphorée. Et l'on empile par boites.

Ces allumettes, paraît-il, prennent feu très facilement, ne pèsent presque rien et ne s'éteignent pas au premier courant d'air comme les allumettes do bois. Voilà un moyen d'utiliser les vieux livres qui n'ont jamais rapporté un penny à leurs auteurs L'éditeur pourra en faire des allumettes... anglaises.

APL - 10 janvier 1897

 bal de l'Élysée -Figaro 27/02/97

Diplomatie

Un petit écho assez curieux du dernier bal de l'Élysée

A la grande surprise de la brillante assistance, mais surtout du corps diplomatique, qui ne perd jamais aucun détail de l'étiquette, on a vu l'ambassadeur de Turquie sans le fez national dont on ne doit jamais se séparer, surtout dans les cérémonies officielles.

Munir-bey, en vrai Parisien qu'il est d'ailleurs, se promenait dans les salons nu-tête et portait sous le bras un claque tout neuf, du meilleur faiseur.

Les commentaires, comme on pense, allaient leur train. Il n'en faut pas tant, dans les circonstances actuelles, pour agiter l'Europe. A quoi fallait-il attribuer cette importante modification ? Était-ce pour bien prouver aux puissances que la Turquie était toute prête à entrer dans la voie des réformes ? Les ambassadeurs, à tout hasard, se sont empressés de télégraphier à leurs gouvernements.

Le Figaro — 27 février 1897

 CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

Une idée de M. Méline — Loin des indiscrétions — La préparation des projets.

On ignore généralement qu'en dehors des conseils ordinaires qu'ils tiennent les mardi, jeudi et. samedi de chaque semaine, les ministres, depuis l'avènement du cabinet actuel, ont des réunions non officielles dans lesquelles ils discutent et préparent les affaires qu'ils sont appelés à. résoudre dans les réunions officielles.

Toutefois, les discussions officieuses ont lieu à table, entre la poire et le fromage, pour ainsi dire. M. Méline, en effet, a inauguré ce système il y a un an, en instituant un dîner hebdomadaire qui a lieu le vendredi soir chez chaque ministre à tour de rôle. Comme il y a onze ministres, le tour de chacun d'eux revient tous les trois mois environ. Le président du conseil inaugure chaque série et les autres membres du cabinet continuent suivant un ordre déterminé par les convenances personnelles de chacun d'eux. Ainsi le dernier dîner de ce genre a ou lieu au ministère de la guerre. Là, à l'abri des indiscrétions de la presse, les ministres s'entretiennent dans l'intimité des diverses questions qu'ils traitent et résolvent ensuite officiellement dans les conseils de l'Élysée, sous la présidence de M. Félix Faure. Grâce à ce rapprochement, bien des discussions irritantes, bien des questions personnelles, beaucoup de petits conflits ont pu être prévenus ou heureusement terminés. Seules, les vacances viennent interrompre ces agapes ministérielles c'est ce qui va arriver pendant les vacances de Pâques actuelles.

Ce petit détail de la vie gouvernementale n'avait jamais été révélé jusqu'ici, et il nous a paru assez intéressant pour être signalé au public.

Le Matin — 17 avril 1897

Statistique Hebdomadaire de la Ville de Paris - 1897

Statistique Hebdomadaire
de la Ville de Paris
1897 - 45ème semaine

Le service de la statistique municipale a compté pendant la 45e semaine, 865 décès, au lieu de 847, moyenne ordinaire des semaines de novembre.

Les maladies zymotiques continuent être rares. La fièvre typhoïde n'a causé que 3 décès, la rougeole 4, la diphtérie, 3.

La diarrhée infantile n'a causé que 23 décès.

Les maladies inflammatoires des organes de la respiration ont causé 114 décès. Ce chiffre se décompose ainsi qu'il suit: bronchite aiguë, 18 décès; bronchite chronique, 23 décès; broncho-pneumonie, 23 décès; pneumonie. 50 décès.

Les autres maladies de l'appareil respiratoire ont entraîné 45 décès, dont 32 sont dus la congestion pulmonaire; en outre, 2 décès ont été attribués à la grippe.

La phtisie pulmonaire a causé 190 décès, la méningite tuberculeuse, 10 décès; la méningite simple, 16. Les tuberculoses autres que celles qui précèdent ont causé 19 décès; l'apoplexie, la paralysie et le ramollissement cérébral, 66 décès; les maladies organiques du cœur, le cancer a fait périr 68 personnes; enfin, 29 vieillards sont morts de débilité sénile.

Il y a eu 16 suicides et 22 autres morts violentes.

On a célébré à Paris 448 mariages.

On a enregistré la naissance de 1.118 enfants vivants (575 garçons et 543 filles), dont 778 légitimes et 440 illégitimes. Parmi ces derniers, 42 ont été reconnus immédiatement.

Le Petit Parisien
19 novembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

 L’ART HERNIAIRE

UN ADMIRABLE PERFECTIONNEMENT DANS L’ART HERNIAIRE

Une véritable révolution a été accomplie dans l’art herniaire par le médecin spécialiste L. Barrière, qui, en remplaçant le ressort par des liens élastiques, a permis de contenir désormais toutes les hernies sans aucune gêne. Tous les sports, tous les travaux sont rendus faciles à ceux qui, jusque-là, étaient véritablement infirmes. On peut essayer gratuitement les appareils ou demander une brochure gratis 3, boulevard du Palais, Paris.

NOUVELLES À LA MAIN
 On parle d'un assez médiocre confrère

On parle d'un assez médiocre confrère qui vient de partir pour Monaco avec l'intention de tenter la veine à la roulette.

— Il pourrait bien, dit quelqu'un, y laisser ses plumes.

— Sur quoi, cette langue de vipère de Z.

— Pas toutes, malheureusement.


Entre bonnes femmes

Entre bonnes femmes :

— Prenez bien garde, Mme Picard, paraît qu’il y a pas mal de petite vérole. Faudrait faire vacciner votre enfant.

— Jamais de la vie! Mme Pluchat. J’avais un voisin, chez nous, qui a fait vacciner son enfant. Eh bien, vous me croirez si vous voulez, il est mort deux mois après.

— De la petite vérole ?

— Non. il s’est « neyé » dans une mare. (authentique)


Sur le Pont-Neuf.

Sur le Pont-Neuf. 

Un monsieur passe rapidement, les mains dans ses poches : 

— La charité, mon bon monsieur ? fait le mendiant du coin.

Le monsieur se fouille, et d'un ton de regret: 

— Désolé, mais je n'ai que des pièces de vingt francs... 

Le mendiant, alors, avec dignité : 

— Je puis vous rendre la monnaie, monsieur...


M. et Mme de Z, qui étaient comme chien et chat a

M. et Mme de Z, qui étaient comme chien et chat avant que le Tribunal eût prononcé la dissolution légale de leur ménage, ont l'air de vivre maintenant dans la meilleure intelligence.

— C'est drôle, disait quelqu'un, depuis qu'ils sont séparés, on les rencontre toujours ensemble.

— Oui, ajouta la petite vicomtesse de Troisétoiles, c'est le divorce le plus uni qu'on ait jamais vu.


Un paysan dans une gare parisienne

Un paysan dans une gare parisienne :

— Combien, vous dites ?

— Trois francs soixante.

— Trois francs, hein ?

— Trois francs soixante. Dépêchez-vous, le monde attend derrière vous.

— C’est trois francs et un fromage. C’est dit ?

— Allez-vous en... circulez ! le monde attend.

— Ah ! ben, vous savez, bonsoir ! Faut pas tant faire le fier ! Y a d’autres gares à Paris !

Et le paysan s’éloigne avec un rire muet.

Le mot d'Alphonse Allais


Les voyages forment la jeunesse, a dit un sage, mais ils déforment les chapeaux.