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95e jour de l'année — Septième année — N°3421 Jeudi 4 Avril 1897

ÉCHOS DU JOUR


Ce qui se passe


 LA GRÈVE DES BOUCHERS

LA GRÈVE DES BOUCHERS

Ça continue à se compliquer. Voici maintenant que les patrons, désavouant les arbitres qu'ils avaient désignés, refusent de s'exécuter. Dans une affiche apposée hier matin, ils invitent leur personnel à reprendre la travail aux conditions anciennes. A la même heure apparaissait une -affiche du syndicat ouvrier, invitant les abatteurs à continuer la grève et à ne pas se laisser endormir (sic) jusqu'à ce que le préfet ait apposé sa signature.

Les patrons charcutiers le prennent de plus haut; ils déclarent que les ouvriers ne savent pas ce qu'ils veulent que le conseil municipal est incompétent et qu'il faut absolument que le travail de nuit continua pour permettre aux ouvriers charcutiers de devenir patrons à leur tour. Ils menacent en outre les ouvriers de se servir de machines à abattre, grâce auxquelles dix ouvriers au lieu de deux cents suffiront aux besoins de la consommation parisienne. Et comme tout en France se termine par des réunions, tous les charcutiers de Paris en tiendront une demain.

Les arbitres des charcutiers n'ayant pas même pu se mettre d'accord pour désigner un tiers arbitre, ce; n'est donc pas de ce côté qu'on peut espérer la solution de la grève.

Mais voilà bien d'une autre. II parait que la grève réduira au chômage d'abord les boyaudiers, puis les fabriques de saucissons de baudruche, de cordes à violon, etc. Tout ce monde proteste qu'il n'est pour rien dans le conflit actuel, ce dont on n'a jamais, douté. Mais il est permis de se demander comment feraient les violonistes si les cordes leur manquaient ? Que ces derniers ne s'alarment pas à défaut de boyaux de mouton, on en reviendrait aux boyaux de chats. Ces pauvres animaux, exposés déjà il se voir réduire leur ration de mou, ont donc la perspective d'être immolés parce que les charcutiers ne veulent pas travailler la nuit. 0 conséquences des conséquences !

Aux abattoirs, hier samedi, animation un peu plus grande que les jours précédents. Dans soixante et onze échaudoirs, travaillaient deux cent huit patrons ou membres de leurs familles et quelques ouvriers. On signale d'ailleurs l'arrivée de quelques ouvriers suisses et lyonnais.

D'autre part, le comité de la grève cherche à entraîner les ouvriers bouviers et meneurs de viande les efforts ne paraissent pas devoir être couronnés de succès.

Aux Halles. Légère hausse sur les veaux et les moutons, baisse sur les porcs, cours stationnaire sur les bœufs.

Le Gaulois — 7 novembre 1897
 MEMENTO CYCLISTE

MEMENTO CYCLISTE

Il n'y a aucun doute, le pneumatique qui obtiendra le plus de succès en 1898, c'est le Dunlop démontable, qui, chaque année, s'affirme comme le meilleur parmi les meilleurs.


L'hiver adaptez à votre bicyclette une chiane à rouleaux trempés de Clément, 20 rue Brunel et vous pourez narguer la pluie et la boue.

Encore un drame


 Un drame montmartrois

Un drame montmartrois.

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

Ils s'étaient dit « Quand nous aurons l'âge, nous nous marierons pour de vrai. »

Paul Balbien a aujourd'hui seize ans; il habite, 4, rue Leibniz. Sa petite amie, Marie Baillon, a quinze ans ; elle demeure, avec ses parents, au n° 37 de la rue des Saules. Le jeune garçon n'avait pas tardé à se lier avec tous les petits voyous de Montmartre et autres lieux circonvoisins Des Grandes-Carrières à la Goutte-d'Or, on ne le connaissait pas très avantageusement que sous le sobriquet de Paulot.

Bref, l'année dernière, le précoce Paulot devenait l'amant d'une petite gourgandine de Montmartre, Berthe Chapuzot, qu'il rouait de coups matin et soir, histoire de s'entretenir la main, comme ses aînés du boulevard extérieur.

Il y a un mois, fatiguée de l'existence abominable que Paulot lui faisait et ayant appris que Marie Bâillon soupirait toujours tendrement pour son ami d'enfance, Berthe Chapuzot alla trouver la jeune fille et lui proposa de la mettre sur l'heure en possession du cœur de Balbien. Elle-même serait bien débarrassée. Marie accueillait cette proposition avec joie. L'était une jolie fille maintenant. Elle posait chez le peintre Dubufe, avenue de Villiers, et chez plusieurs autres artistes de Montmartre. Eu somme, elle gagnait sa vie comme modèle.

Berthe lui ménagea un rendez-vous avec Paul et lui abandonna gaiement son amant. Le petit modèle ne tarda pas à se repentir de sa folie. Paul Balbien obligea bientôt la jeune Marie à poser l'ensemble pour des messieurs vieux souvent qui n'étaient pas des peintres, et, lorsque la pauvrette refusait, les coups pleuvaient sur ses chétives épaules.

Un soir que la jeune fille et une de ses amies se trouvaient en compagnie d'un monsieur occupant une belle situation, Balbien s'était précipité sur lui en s'écriant Misérable vous accostez mes sœurs pour les déshonorer Vous ne savez donc pas qu'elles sont mineures ?

Et le monsieur, afin d'éviter un scandale, avait été obligé de dénouer les cordons de sa bourse.

Sur le conseil des peintres ses amis, Marie Baillon se décida à quitter le hideux Paulot.

Samedi dernier, elle ne voyait pas Paul Balbien. Ce dernier allait l'attendre, avenue de Clichy, et lui portait un coup de couteau au bras droit.

La victime n'osait déposer une plainte. Le lendemain, Paul rencontrait un de ses-amis, auquel il racontait complaisamment son équipée, comme s'il eût accompli un haut fait !

Tiens, voilà un revolver, lui dit l'ami tue-la Cela servira d'exemple aux autres. Paulot prit l'arme, et, hier soir, vers onze heures et demie, fallait se poster au coin des rues Lamarck et des Saules.

Lorsque la jeune fille parut, rentrant chez elle, il lui tira un coup de revolver presque à bout portant.

Marie Baillon fut atteinte au-dessus du sein gauche. On dut la transporter l'hôpital Bichat. Son état est grave.

Paulot a été arrêté et a été envoyé au Dépôt par M. Dupuy, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières. L'individu qui lui a prêté le revolver est activement recherché.

Le Matin – 14 octobre 1897

En pages intérieures

Echos et nouvelles


 LE BILAN DE LA MORGUE POUR 1896

LE BILAN DE LA MORGUE
POUR 1896

La statistique de la Morgue n'est peut-être pas un document d'une excessive gaieté. Il a cependant ceci de consolant que pendant l'année 1896 le funèbre monument n'a reçu que 846 corps, alors qu'en 1895 il en avait reçu 890. C'est une différence de 44 en moins. Ajoutons que c'est, depuis vingt-six ans, le chiffre le moins élevé.

Ces 846 corps, dont 541 appartiennent au sexe masculin et 305 au sexe féminin, ont donné lieu à 711 reconnaissances, soit par les parents ou les amis des décédés, soit par le fait d'une visite d'un curieux quelconque à la Morgue.

Le corps qui a clos l'inventaire de l'année est celui d'un nommé Bizot, repêché à Pantin, dans le canal, le 31 décembre 1.896, à, sept heures du soir.

Comme toujours, c'est pendant la saison chaude que la Morgue reçoit le plus de corps alors qu'en juillet on y amenait 109 cadavres, en décembre il n'y en avait que 39. Quant aux genres de décès, la submersion continue à tenir la tète sur 816 corps, 213 proviennent de repêchages.

Les dépenses de la Morgue pour 1896 ont été de 89,524 francs. Mais dans ce chiffre est compris le service du Laboratoire de toxicologie.

Et, revenant à ce que nous disions en commençant, si pour la généralité du public la Morgue comporte une idée sinistre, il faut ajouter cependant que c'est pour beaucoup de gens une attraction et un lieu de promenade favori. Enfin, bien mieux encore, l'ancien greffier en chef, l'aimable M. Clovis Pierre, qui, pendant plusieurs années, a dirigé l'établissement, n'a-t-il pas chanté en un volume de vers humoristiques les Gaités de la Morgue ?

Le Figaro – 12 janvier 1897

 A quoi tiennent les légendes. - 1897

A quoi tiennent les légendes.

Au château de Chillon, sur les bords du lac de Genève, il y a un caveau noir qui attire tous les ans nombre d'étrangers et dans lequel le noble Bonivard est resté enchaîné durant quatre ans sur les dalles du caveau on peut voir les traces de ses pieds.

Or, tout récemment, ces traces ont subitement disparu ; cette disparition mystérieuse a causé dans la région une émotion telle qu'un député, M. Paul Vuillet, a cru devoir interpeller le gouvernement. L'interpellation est venue devant le Conseil lundi dernier. M. Vicquerat, conseiller d'Etat, se basant sur le rapport de l'architecte chargé de l'entretien du château, a déclaré que ces traces n'ont jamais existé, mais que pour donner satisfaction aux étrangers, on les « crée » tous les ans au moyen d'un grattoir. Cette année, on a eu .le tort de s'atteler trop tard à cette remise à neuf. Mais que les Anglais se rassurent l'année prochaine, ils pourront contempler à nouveau les traces historiques.

Le Figaro – 18 novembre 1897

 LE HOCKEY - 1897

LE HOCKEY

On parle beaucoup du hockey en ce moment ce jeu, qui nous vient d’Angleterre, a donné lieu ces jours derniers à divers matches très animés qui ont fort intéressé le public. Disons tout d'abord quelques mots de la façon dont il se joue.

Deux équipes composées de six, sept ou huit joueurs, selon la place dont on dispose, se placent de chaque côté de la piste de glace, mais en entremêlant leurs joueurs ces équipes, qui ressemblent beaucoup à celles du football, ont un capitaine, un avant, un arrière et un gardien de but. Ce but est figuré par deux poteaux entre lesquels doit passer un palet que les joueurs font glisser en le poussant avec des maillets.

Il s'agit de faire passer le palet entre les deux poteaux du but et, pour rendre ce résultat plus difficile, les joueurs des camps adverses sont entremêlés comme nous l'avons dit plus haut, afin d'empêcher que ceux d'une même équipe ne passent le palet de bout en bout à leurs camarades.,

Il en résulte un chassé-croisé très amusant, et le palet glissant entre les joueurs vire et volte à toute vitesse; ce jeu qui demande beaucoup d'adresse et d'agilité, a obtenu rapidement une grande vogue.

Comme on ne peut le jouer que sur la glace, les emplacements sont forcément limités; mais il sera pour cet hiver, si le gel est assez fort, un des plus grands attraits des fêtes qui pourront se donner sur les lacs du Bois ou des environs de Paris.

Paul Meyan.
Le Figaro – 14 décembre 1897

 CHRONIQUE DE L'ELEGANCE

CHRONIQUE DE L'ÉLÉGANCE

Au point de vue culinaire les mœurs françaises se sont complètement transformées depuis un demi-siècle. La coutume de servir un grand nombre de plats à chaque repas est absolument démodée et même dans les maisons les plus opulentes on a absolument proscrit l'ordonnance ancienne des deux potages, relevé, quatre entrées, double rôti et entremets variés.

On trouve odieux la station prolongée à table et il faut que le service soit promptement achevé. Un dîner qui se prolongerait au delà de trois quarts d'heure serait déclaré insupportable et nous pouvons constater qu'à bien peu d'exceptions près, notre génération s'applique à manger le moins possible. Même on remarque que depuis quelques années l'engouement pour les viandes noires a beaucoup diminué.

Les hommes jeunes et très robustes seuls leur donnent encore la préférence on les défend aux enfants et aux estomacs débiles. Un plat d'œufs, une viande chaude, une viande froide, légumes et salades, un entremets de pâtisserie si l'on veut, tel est le menu habituel des déjeuners dans les maisons les mieux tenues. Un potage, un relevé, une entrée, un rôti chaud, un rôti froid, salade, légumes et plat doux, des fruits, peu ou point de bonbons, voilà pour le dîner lorsque l'on est nombreux, et l'on ne songe même pas, en dehors des grands dîners de cérémonie, à changer le menu si l'on reçoit plusieurs personnes en supplément à sa table. Le vrai luxe consiste à présenter de très grosses pièces, viandes, poissons, volailles ou gibier abondant. En revanche, la cuisine est extrêmement soignée, on est horriblement difficile et le rôti arrosé et cuit à point, les jus savoureux, les assaisonnements délicats sont à chaque repas l'objet des observations d'une maîtresse de maison qui connaît ses devoirs envers ses hôtes. Les détails du service sont très recherchés. 

Le Gaulois — 25 septembre 1897

 ŒUFS CAOUTCHOUTÉS - H. de Parville - 1897

ŒUFS CAOUTCHOUTÉS

S'il y a bien cinquante manières de préparer les œufs et de les servir aux gourmets, il y a bien au moins autant de procédés pour les conserver frais : frais est une façon de s'exprimer. Le moyen le plus répandu consiste à les plonger dans un lait de chaux. La chaux bouche les pores de la coquille et, si l'œuf était bien plein, sans air et sans microbe, il se conserve, en effet, très long- temps sans altération. Le tout est donc de revêtir sa coquille d'un enrobement imperméable.

Le caoutchouc rend aisément les tissus imperméables : des tissus à la coquille d'un œuf, il n'y a pas loin pour une imagination en éveil. C'est pourquoi M. W. Jessen, de Copenhague, a pensé, en regardant sa pèlerine caoutchoutée, que les œufs se trouve- raient bien d'être caoutchoutés à leur tour. Ainsi il a l'ait. Il plonge les œufs au milieu d'une solution de caoutchouc dans le naphte ou la benzine, et il les retire aussitôt. La benzine s'évapore et l'œuf est recouvert d'une mince pellicule de caoutchouc, qui le met à l'abri de l'air. Voilà comment on vend, à Copenhague, des œufs frais du printemps dernier et pourquoi on nous vendra peut- être bientôt à Paris des œufs caoutchoutés. Le caoutchouc continue à faire son chemin.

HENRI DE PARVILLE. (1897)

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

 La Brodéine

La Brodéine

Le moment est venu de signaler à nos aimables lectrices le succès toujours grandissant de cette intéressante nouveauté qui permet de faire en, quelques instants, sur n’importe quel tissu, les broderies les plus variées et les plus charmantes.

Nous avons pu admirer chez Plan et Cie, 24, rue des Petites-Écuries, des ouvrages en broderie qui sont de petits chefs-d’œuvre que toute personne de goût voudra faire elle-même, d’autant plus que MM. Plan et Cie, contrairement à nombre d’inventeurs, au lieu de garder jalousement leur secret, le donnent à tout le monde. À cet effet, ils viennent de faire paraître un supplément à leur notice qui donne toutes les indications utiles pour faire immédiatement les plus ravissantes broderies. Cette notice et le supplément sont envoyés franco. La maison Plan et Cie met en vente ses merveilleux coffrets contenant tout ce qui est nécessaire pour l’exécution de la Brodéine, payables en mandat- poste, au prix franco de la boite scolaire, 5 fr. 80 ; la boite primaire, 10 fr. 80; coffret n° 1,15 fr. 80 ; coffret no 2. 20fr. 80; coffret n° 3, 25fr. 80.

C’est le plus joli cadeau à faire à une dame.

NOUVELLES À LA MAIN
Nos domestiques. La femme de chambre à la cuisinière

Nos domestiques.

La femme de chambre à la cuisinière :

— Hier soir, ma chère, monsieur m'a prise pour madame.

— Ah bah ! il t'a embrassée dans un coin.

— Ah bien ouiche ! il m'a fait une scène épouvantable agrémentée de sottises et d'injures.


Avant le mariage :

Avant le mariage :

Mlle Berthe a le menton appuyé sur ses deux mains et ses deux coudes posés sur la table.

- Quel charmant abandon !

Six mois après.

Mme Paul est dans la position ci-dessus décrite.

Son mari, la regardant en haussant les épaules :

- Quelle tenue, mon Dieu, quelle tenue !


Le jeune Titi écoute religieusement sa maman

Le jeune Titi écoute religieusement sa maman qui lui apprend l'histoire sainte. A peine celle-ci lui a-t-elle raconté la création du premier homme que Titi, très intéressé, demande :

— Et le second ?


Fantaisie macabre.

Fantaisie macabre.

L’assassin vient d’être condamné à mort; son avocat l'exhorte au courage.

—Il y a quelque chose qui me chiffonne! soupire l’assassin.

—Quoi donc ?

— Voilà. La loi porte que le condamné sera exécuté à ses frais, et moi. . j’ai pas un rond !

— Soyez sans inquiétude, mon ami.. On s’adressera à un... bourreau de bienfaisance !

L'Echo de Paris - 20/12/97


Un paysan dans une gare parisienne

Un paysan dans une gare parisienne :

— Combien, vous dites ?

— Trois francs soixante.

— Trois francs, hein ?

— Trois francs soixante. Dépêchez-vous, le monde attend derrière vous.

— C’est trois francs et un fromage. C’est dit ?

— Allez-vous en... circulez ! le monde attend.

— Ah ! ben, vous savez, bonsoir ! Faut pas tant faire le fier ! Y a d’autres gares à Paris !

Et le paysan s’éloigne avec un rire muet.

Le mot d'Alphonse Allais


C’est effrayant ce qu’on vieillit entre deux Expositions Universelles, surtout lorsqu’elles sont séparées par un laps considérable.